L’étang sanglotait doucement
Un soir où le soleil luttait
Avec les nuées pour contrer
L’antique suprématie du vent.

La grenouille rousse coasse de rage
Veut protéger son tendre flanc
Caché par un nénuphar blanc
Et guette alentour sous l’orage.

De son émouvante caresse,
L’onde frissonne, s’en vient tremper
La vase du rivage, étonné
D’un tel renouveau de tendresse.

Sous le vent qui reste impuissant,
Le roseau, fièrement campé
Sur sa fragile tige cambrée,
Hésite et frémit un instant.

Caresse sous le vent…
Suprême joie du temps…
Frissons émouvants…
Caresse sous le vent…