Impalpables rumeurs de l’Aube fluide,
L’oiseau chante et frissonne la ramure,
L’air se trouble et rosit de joie pure
Sous la caresse d’un rayon timide.
Les lointains s’effacent encore avec respect,
Comme en l’honneur des proches alentours.
La goutte de rosée s’enfuit au détour
Des nervures d’une feuille échauffée.
Sur terre, un petit monde ouvre l’oeil,
Bâille, grogne et s’étire bienheureux,
Puis s’en va faire ses courses, besogneux,
Concentré, passionné, vivant ou en deuil.
On y peut apercevoir le ver lombric,
La fourmi noir ou la coccinelle,
L’araignée grise et la sauterelle,
Maintes espèces dont les voies s’imbriquent.
Sur l’eau de l’étang monte une brume
Et le ver luisant clôt sa lanterne
Pour un temps-sommeil, pour un jour terne,
Afin que naisse nouvelle écume.
A l’orée du bois, la rive achève
Tout doucement sa métamorphose.
Rien qu’un peu marais où il se pose,
Délicatement, source de rêve,
Lui, l’astre du jour
Ce chaud brin d’amour
Pour qui le veut bien,
Lui ouvre son sein.
L’oeil tiède du soleil gravit,
seul, le ciel.