mar 30 jan 2007
Quelque chose de nous
Scènes Valaisannes
Voie sensible a interprété les poètes Rilke et Biderbost, sur un mode oriental, vendredi soir aux Caves de Courten.
Emmanuel Manzi
Voie sensible a donné un très joli concert, vendredis soir, aux Caves de Courten, dans le cadre des Scènes Valaisannes.
Groupe à géométrie variable, Voie sensible s’est présenté sous la forme d’un trio acoustique: Maryse Bétrisey au chant, Christian Zufferey au piano électrique et au hang (toupie sonore!), et Stephane Montangero aux multiples percussions.
La solution du trio a permis de mieux faire ressortir la poésie de Rainer Maria Rilke et celle de l’auteur Marc Biderbost. D’autant que Maryse a vraiment une belle voix de velours, chaleureuse, généreuse.
Cependant, il est parfois difficile de comprendre de tels textes poétiques. Qui n’ont rien à voir avec les couplets-refrains faciles da la variété française, ni même avec ceux de la chansons à textes engagés.
Aussi sommes-nous tout contents lorsque nous pouvons nous accrocher à des vers qui se répètent sur une ligne mélodique que l’on a déjà entendue dans un précédent concert ou sur l’un de leurs albums. On pense notamment à ce très beau passage «rilkéen»: «Le sublime est un départ / Quelque chose de nous, / Qui au lieu de nous suivre / Prend son écart.»
Indéniablement, le concept des Scènes valaisannes a le mérite de donner la possibilité à des artistes de présenter des spectacles pas forcement des plus faciles d’accès, mais de qualité artistique recherchée.
Aux couleurs orientales
C’est le cas de Voie Sensible qui, tout en restant fidèle à sa démarche poétique, a manifestement donné une orientation orientale à sa musique, déjà ethnique et jazzy.
Sans doute que Montangero avec ses dix ans de séjour en Inde (études de percussions à Bénarès) n’est pas étranger à l’orientation musicale de la formation. Lui qui a assuré la rythmique des titres du répertoire avec tablas, clochettes et autres gong.
Alors que Zufferey, lui, s’est mis à trafiquer de plus en plus son instrument pour en faire jaillir des sons étranges, comme venus d’ailleurs, à l’aide de dédales raccordées à son piano. S’il y a parfois des longueurs instrumentales, le trio est touchant, attachant par sa simplicité, son authenticité. Ils ont témoigné d’une complicité qui invitait au partage.
«Vole, vole, vole! / Cours, cours, cours!» A la lueur des bougies, Voie sensible a déployé une atmosphère qui s’inscrivait parfaitement dans le cadre de la Maison de Courten, où plane l’ombre du poète Rilke.