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Christian Zufferey:
la rencontre avec Marc Biderbost, avril 1999
Le téléphone sonne. Je me lève péniblement
de mon fauteuil et me demande qui me tire de mes pensées musicales.
Je réponds dun air absent de ma voix de baryton le classique:
Oui allô !
Bonjour, suis-je bien chez Christian Zufferey?
oui ???
je mappelle Marc Biderbost et jorganise
un vernissage de mes peintures.
ah ! dis-je toujours rêveur
oui, jaimerais que vous veniez jouer durant
le vernissage, vous comprenez je cherche des musiciens. Jaimerais
organiser la soirée comme suit. (
)
La suite de la conversation téléphonique est une longue
explication de son concept. Il me décrit ses envies, quil
y aura plusieurs musiciens et plusieurs styles de musique.
Du blues, du jazz, de la chanson, à boire, à manger, de
la poésie, la création dun poème en direct
et bien sûr lexposition de ses toiles. Il nen finit
plus de décrire son projet de soirée. Cest un passionné,
jen suis sûr.
Quelques semaines plus tard, je me retrouve donc sur la scène,
entouré de tableaux de styles contemporains et dun foisonnement
de personnes. Je commence au piano «when i fall in love» standard
de jazz bien connu. Une merveilleuse chanteuse maccompagne ainsi
quun ami guitariste. Pendant plus dune heure nous jouons,
nous improvisons, nous animons.
A la fin de la soirée Marc arrive vers moi et me dit brutalement
:
Jaime votre sensibilité pianistique
Merci lui répondis-je
Mais que faites-vous en musique, à part
des animations comme ce soir?
Oh ! pleins de choses. Je dirige une chorale, jenseigne le piano
et je joue dans un groupe de musique qui sappelle voie sensible
où je suis le compositeur.
Intéressant. Mais quel est la formation
du groupe ?
Il y a un trompettiste, un bassiste, un batteur, une chanteuse et moi
au piano
Moi je peins comme vous avez pu le constater
et en plus jécris des poèmes-chansons.
Intéressant, lui dis-je à mon tour
Depuis plusieurs mois je cherche un compositeur
pour les mettre en musique, seriez-vous intéressé ?
Euh ! pourquoi pas.
Nous prenons rendez-vous pour le lundi de la semaine suivante.
Lundi soir arrive avec sur nos têtes un ciel étoilé
et clair. Marc me tend un cahier de vingt textes. Silence. Je commence
à lire:
Ses effluves de terre
Tont fait te reculer
Pour la laisser entrer
Jusque dans la lumière
Où elle sest réchauffée
Dévoilant un sein fier
Entre deux brins de chair
Plus au moins révélés
Je passe à la page suivante
Je suis papier-mouchoir et me sens ton plus rien
Compagnon des déboires, chiffonné sur ton sein
Quand sen vient laube claire, du matin de lespoir
Balayé par lamer, je finis au trottoir
suivante
La solitude,
On dit quelle est enfant de riche,
Et quelle ne vieillit pas sans triche
Par habitude
Elle peut soudain se faire prude
Afin que la vie ne lélude
Seule dans sa niche
Et il y en a 10 comme cela. Sans réfléchir plus, je lui
dis:
Daccord Marc je vais travailler sur tes textes et nous allons les
jouer avec voie sensible.
Je vous épargne les mois de composition qui suivent. Je vous épargne
la joie, la douleur, le doute, lexaltation de tout créateur.
texte:
christian zufferey
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