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Paume,
doux lit froissé
Où des étoiles dormantes
Avaient laissé des plis
En se levant vers le ciel
Est-ce que ce lit était tel
Quelles se trouvent reposées
Claires et incandescentes
Parmi les astres amis
En leur élan éternel ?
O, les deux lits de mes mains
Abandonnés et froids
Légers dun absent poids
De ses astres dairain
Eau qui se presse, qui court,
Eau oublieuse que la distraite terre boit
Hésite un petit instant
Dans ma main creuse
Souviens-toi !
Ainsi tes tendres mains
Avaient rêvé davance
Dêtre la lente balance
De nos moments trop pleins |
Restons à la
lampe
Et parlons peu
Tout ce quon peut dire
Ne vaut pas laveu
Du silence vécu;
Cest comme le creux
Dune main divine
Elle est vide, certes
La main, cette main
Mais une main
Ne souvre jamais en vain
Et cest elle qui nous combine
Nous précipitons les choses lentes
Cest déjà laction
Quune main qui se montre
Regardons la vie
Qui en elle afflue
Celui qui bouge
Nest pas le plus fort
Il faut admirer son tacite accord
Avant que la force ne remue
Rainer Maria Rilke
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